2005
Voyage de baseball – Jour 2
Bon matin tout le monde.
Eh oui, on est encore en vie, on ne s’est pas fait assassiné pendant notre nuit passé au Motel Hell. Le temps de prendre un déjeuner américain- même si tu veux manger des fruits, ils sont frits. On a eu le droit à la waitress de diner classique, qui nous disait « honey » à chaque deux mots.
Le tout fini, on se dirige vers… on sait pas où.
De un c’est gris et nuageux, notre destination prochaine était Columbus, Ohio, mais en lisant le journal local, on s’est rendu compte que les Clippers, ne jouait pas à Columbus comme prévu alors qu’est-ce qu’on fait ?
On s’est arrêté dans un petit patelin qui s’appelle Erie, Pennsylvania, lieu du club AA des Tigers de Détroit (bon, là je vous aide). Il commençait à pleuvoir un petit peu. On s’est stationné dans une ruelle, on a sortit nos cartes de New York, Pennsylvania et de l’Ohio, on a pris notre journal, pis là, on avait notre première grande décision à prendre… Où c’é qu’on va ??? – voir le vidéo.
Finalement on s’est dit que tant qu’à être ici, on irait voir la game des Seawolves, pis que si y pleut trop fort, on se trouvera une autre game dans le coin. De toute façon là où on est, à l’intérieur de 300 KM, y a au moins une dizaines de villes où y a du baseball. En cherchant le stade, on a vu 3 chars de polices avec les guns sortit, qui pointait un noir dans une Lexus… pas le temps de demander des indications. Heureusement que notre instinct de fans de base nous a amené à destination.
La game était sur le point de commencer quand j’ai réalisé qu’y avait un Québécois qui jouait pour l’équipe locale… Maxime St-Pierre (catcher).
Il ne jouait pas ce jour là, alors je me suis rendu dans le bullpen pour le voir.
On s’est mit à jaser, et il m’a dit « attendez-moi après la game, je vous sort à Erie », whatever that means.
Pendant la game, j’avais envie d’une smoke, et même si c’est un stade ouvert, il y a une section fumeur, et c’est là qu’on a rencontré Denis (prononcer en anglais).
Gars de la place qui s’occupe du towing pour la ville (en fait il ne sont que deux, mais bon). Ça faisait à peine cinq minutes qu’on jasait que déjà on était devenu chum- vive le baseball pour ça, ça ne prend pas grand chose pour trouver des points communs entre fans.
Pendant notre grande discussion sur l’avenir des Seawolves- la rumeur voulait qu’ils déménagent, et de la situation de Otters (Ligue Junior de l’Ontario… là je vous en dit trop), y a une fausse balle qui nous est passé au-dessus de la tête et qui est sortie du stade. Sans perdre de temps, Denis est allé là chercher et me l’a remise. Wow ! Ma première fausse balle ! Dans un geste d’amitié, j’ai donné la balle à Mike, question de lui montrer à quel point que j’étais content de vivre ça avec lui. Faut dire que j’étais aussi rendu à ma 4e bières, alors…
Les Seawolves jouait contre les BaySox de Bowie (à l’époque et encore aujourd’hui affilé avec Baltimore… je vous donne une chance). On a quand même eu le droit à un match sans point ni coup sur de la part de Bowie, avec 3 lanceurs différents.
C’est ici que je dois aussi vous parler d’une phrase qui est devenue un classique entre Mike et moi. Pendant qu’on parlait avec Denis, on a remarqué que les filles étaient beaucoup moins belles qu’à Rochester, et pendant qu’une de ces fameuse Erienne passait devant nous (pour vous décrire la ville, vous n’avez qu’à regarder le vidéo Born in the U.S.A de Bruce Springsteen, et vous allez comprendre), Mike a dit: « She needs a Rochester makeover! ». Peut-être con pour vous, mais j’ai tellement rit. On s’en sert encore aujourd’hui.
Après le match, on s’est retrouvé tout les 4, Moi, Mike, Maxime et Dennis dans un espèce de petit resto in de Erie, où tout le monde était après Maxime. Je peux comprendre, les filles du coin se l’arrache en espérant que si il se rend dans les ligues majeurs, il va les amener avec lui pour les sortir du trou qu’est Erie…
C’est beau la naïveté.
Après notre souper, c’est à dire d’autres bières, on est allé rejoindre le reste de l’équipe dans un party chez un des joueurs. Un dominicain qui avait été repêché en 2e ronde, dont j’oublie le nom- voir référence au nombre de bières qu’on a bu.
Mais je vous jure que ce fut une expérience sociologique comme tout les vrais fans se souhaite de vivre.
Tu est avec des joueurs de niveau « AA », c’est à dire des jeune qui ont entre 20 et 26 ans. Certains sont des futur prospects, d’autres qui espèrent encore, et quelques uns qui s’accroche parce que tout ce qu’ils ont dans la vie c’est le baseball, et qui se demandent sérieusement ce qu’ils vont faire après. T’as des gars qui viennent de tout les coins, le Texas, Les Carolines, du Minnesota ou de l’Oregon. On a eu le droit à tout, des jeunes cultivés qui remettent en question leur société, d’autres qui irait à la guerre pour Bush- question de se débarrasser des fuckin’ terrorist comme ils disent. Mais moi ce qui m’importait le plus, c’était de savoir comment ils avaient vécu cette expérience d’être repêché par une équipe professionnelle.
Ils m’ont expliqué que quand tu est repêché dans les premières rondes, on prend le temps de t’appeler, de te chouchounner, de te souhaiter la bienvenue, mais quand tu es repêché en 23e ronde et que tu n’as même pas d’agents- parce que tout ce qui compte pour eux, c’est les gars qui leurs rapportent des millions, tu reçois à peine un coup de téléphone. Il y a quelqu’un, genre l’assistant de l’assistant de l’autre assistant, qui te dit où te présenter, et qui te souhaite bonne chance. Je vous jure, j’ai tellement trouvé ça enrichissant. Tu vois le Hummer du dernier choix de première ronde parker à côté de la Datsun du choix de 20e.
C’est peut-être une équipe, mais avant tout, c’est surtout une société.
On est rentré tard chez Maxime, ça servait à rien de se prendre un hôtel à cette heure là. Mike et moi, on a été obligé de coucher dans le même lit. On s’est levé deux heures plus tard pour repartir continuer notre périple.
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