2005
Voyage de baseball – Jour 4
Après un déjeuner laborieux- les gens sont vraiment épais au Kentucky, juste vous le raconter prendrais 8 pages, alors faites-moi juste confiance. Si Darwin était passé par le Kentucky, il aurait remis sa théorie en question. On est maintenant sur notre départ pour Saint-Louis. La seule chose qu’on a regretté, c’est de ne pas avoir visité l’usine de Louisville Slugger, en fait Mike voulait vraiment y aller, moi je m’en foutais un peu, non mais des bâtons, c’est des bâtons.
Probablement la journée la plus tranquille du voyage. La seule chose qui était drôle, c’est qu’on a traversé 3 états en 20 minutes (entre le Kentucky et l’Ohio, tu traverse brièvement la pointe de la Virginie de l’Ouest (West Virginia, pour les bilingues). J’aimerais beaucoup vous raconter une anecdote, mais vraiment, il ne s’est rien passé. La seule chose que j’ai remarqué, c’est à quel point leurs forêts paraissent vieilles. Quand tu regardes la grosseur des arbres, tu te dis qu’ils ont au moins 200 ans, et je me suis demandé pourquoi on voyait pas ça chez nous- à moins de te rendre dans le fond de la toundra, et encore, et c’est là que j’ai compris pourquoi. Y ont pas besoin de couper leurs forêts, on leur donne toute notre bois… y sont morts de rire.
La seule chose qu’on a trouvé génial, à part la qualité des routes qui était plus que génial, on aurait dit un tapis roulant, c’est que sur le bord des routes, aux endroits où des animaux comme les chevreuils traversent, ils ont des sensors (j’ai oublié le mot en français) qui clignotent quand y a des animaux près de la route.
Comment ça se fait qu’on a pas ça ici ? Me semble qu’on devrait être capable d’avoir la technologie pour détecter un orignal !
Après un bref Wendy’s (fuck, je viens de leur faire de la pub) dans un petit bled dans le milieu de l’Ohio – où l’air climatisé est tellement fort qu’on a mangé dehors. C’est quoi le trip des Américains pis l’air climatisé ? Pourtant on est Canadien, on devrait être capable de supporter leur froid, mais encore une fois, j’ai compris… y ont plus de graisse sur le corps qu’un ours polaire, c’est pour ça qui sont bien.
Finalement on arrive à Saint-Louis. Saint-Louis c’est vraiment une petite ville du Midwest américain, c’est pas aussi gros qu’on pense, y a même pas un millions de personnes, mais malgré tout, y ont une équipe de hockey, de football, et de baseball. Comment y font ? Ah, encore une fois j’ai compris… ils sont des vrais fans ! Même quand leur équipe va mal… ils les supportent quand même.
OK ! C’est ça la solution… fallait y penser quand même.
Rendu en ville, on s’est pas fait chier, on a pas cherché un hôtel pendant deux heures. Downtown, une piscine S.V.P., et surtout qu’on puisse marcher jusqu’au Busch Stadium… Le gros luxe, quoi. Après une petite saucette dans la piscine, on est allé prendre un verre à côté du stade avant d’aller souper. On avait rendez-vous avec mon chum Tom. Eh, oui ! J’ai un chum à Saint-Louis. Tom est un prof à la retraite que j’ai rencontré dans une fantasy league de baseball – pas rotisserie league, c’est pas la même chose – les vrais fans ont fait la différence. Tom est un prof de 56 ans à la retraite, et la première fois qu’on s’est parlé, on a jasé pendant deux heures.
C’est ça que j’aime du sport. Voici un gars que j’avais jamais vu, avant ce soir, on se connaît pas du tout, on vient de deux milieux complètement différent, on est même pas de la même génération, mais parce qu’on est des fans de sport, on peut parler pendant des heures comme deux vieux chums. Beaucoup de gens trouvent ça ridicule suivre le sport; » y a des choses plus importantes que ça dans la vie », mais justement, à travers toute la marde qui nous entoure, on peux-tu décrocher pis parler de choses niaiseuses pendant une couples d’heures ?
On dira ce qu’on voudra sur le sport, on peut même dire que c’est un plan de Big Brother pour détourner notre attention des problèmes majeurs (Nietzsche aussi l’a dit), mais une chose qu’on peut dire, c’est que c’est rassembleur. Pendant un petit moment, on s’en fou qui est à côté de nous, on se fout de la race, de la religion du gars sur le siège à côté, pendant un court moment, on a quelque chose en commun… end of story.
Tom nous avait trouvé des bons billets pour la game. En entrant dans le stade, on est resté bouche-bée… une mer de rouge, tout le monde portait les couleurs des Cards. Mike avait un chandail bleu, moi un t-shirt vert de Greenday (très mature pour un gars de 37 ans, 35 à l’époque). Ça n’a pas pris deux minutes, qu’on s’est acheté des chandails des Cards. Mike a choisit celui de Albert Pujols – trop évident, mais en même temps difficile à ignorer, et mois celui de Larry Walker- je savais que c’était sa dernière année.
Ce soir là les Cards jouaient contre Arizona. Match ordinaire, je ne me souviens même pas du score, mais ce qui était important, et en fait ce qui était le but du voyage quand on l’a planifié, c’était de voir Bush Stadium avant qu’y le détruisent. Et comme d’habitude, Mike et moi on s’est regardé, et on s’est dit:
« Man… On est à Saint-Louis! »
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