Bonne fête iPhone!

Ça fait exactement 10 ans cette semaine que ce petit bidule, devenu une extension de notre corps, s’est incrusté dans nos vies. On l’a tellement souvent entre les mains qu’on pourrait presque le considérer comme un nouvel organe vital.

La preuve: regardez bien comment réagit quelqu’un qui échappe ou perd son précieux iPhone… Je pense que même les gens sur le Titanic étaient moins paniqués.

Je me souviens encore de l’annonce de la mise en vente du premier iPhone. Comme je ne suis pas un nerd des nouvelles technologies, je me suis dit: «m’a attendre un peu, ça me semble une dépense inutile».

Quelques mois plus tard, lorsque je l’ai finalement eu entre les mains, je croyais naïvement être maître de la situation. J’étais loin de me douter que j’étais devenu une victime prise en otage.

Grave dépendance

Même si le débat est encore ouvert, quant à moi, le iPhone est le pire problème de dépendance que l’homme ait connu. C’est à se demander si on pourrait fonctionner sans! Vous me dites: «Ben oui, Max. Je pourrais facilement m’en passer.»

Ah oui? Je te mets au défi de me donner cinq numéros de téléphone que tu connais par cœur… Exact?

Ça m’a pris deux ans pour me souvenir de celui de ma fille, alors imaginez pour le reste des gens qui font partie de ma vie. Quand je perds mon téléphone, je me retrouve orphelin d’amis. Je ne sais plus comment contacter mes chums.

– 911, je peux vous aider?

– Oui, j’ai brisé mon cellulaire et là je suis seul au monde. Pouvez-vous venir me chercher?

Même chose lorsque je veux me déplacer. Go application GPS. J’essaye sincèrement de me souvenir comment je faisais, à l’époque, pour me rendre à mes shows. Je présume que je demandais des indications, mais ça me paraît flou comme concept, genre de parler à un être humain pour m’aider. Pour être honnête, ça me fait presque peur. La froideur et l’indifférence de mes applications sont devenues réconfortantes, comme un point de repère qui me sécurise.

Certains disent plutôt que c’est un signe d’évolution et que l’on grandit avec la technologie. De mon côté, j’ai peur que ça nous atrophie le cerveau. On n’a même pas le temps de «s’ostiner» plus de cinq secondes sans que quelqu’un dise: «Attends, je vais checker sur internet.»

Oui, je vous avoue que ça m’aide à passer le temps quand j’attends au garage ou dans une salle d’attente quelconque. Des fois, texter, c’est plus pratique que de parler à quelqu’un d’ennuyant. Eh oui, c’est ironique que l’on n’ait jamais eu autant de moyens de communication, mais qu’on se parle si peu. C’est peut-être ça, le futur: des émojis envoyés télépathiquement.

Ne me cherchez pas

Récemment, je suis parti dans le sud avec 200 Québécois et une petite gang d’humoristes. Dans tout le lot, j’étais le SEUL qui n’avait pas pris de forfait de cellulaire pour avoir accès à tous ses trucs dans le Sud. Je sais que ça va vous paraître bizarre, mais j’étais là pour avoir la paix et c’est l’idée que j’ai eue. Oui, oui, assez fucké de ma part, je sais.

Lorsque venait le temps de se réunir pour aller souper ou pour les activités de groupe, tout le monde semblait me chercher, en panique. «T’étais où? On a essayé de t’appeler, on t’a texté, envoyé un courriel, tweeté. On t’a même laissé un message sur Facebook. On s’inquiétait.»

Je vous comprends. Mais, petite suggestion: la prochaine fois, essayez de vous lever et de venir me chercher sur la plage. Je ne suis pas difficile à trouver, je suis à la même place depuis le début de la semaine. Oui, c’est primitif comme option… mais ça fonctionne encore.