Divorcer de ses parents

Est-ce que mon titre est assez fort pour attirer votre attention? Laissez-moi vous dire que ça l’est encore plus de le vivre!

Commençons par définir c’est quoi être un parent.

On ne peut pas réduire cela à une simple baise, dans un instant de passion entre deux personnes. Ce petit moment d’extase n’est pas suffisant pour justifier qu’on se retrouve ensuite avec la responsabilité du rôle de parent pour les 18 prochaines années. Mais ça, je suis certain que tout le monde le réalise.

Oui, un gros merci de nous avoir donné la vie grâce à ces cinq minutes de plaisir… OK, dix pour flatter les ego. Mais certains parents voient ça comme une dette éternelle dont leurs enfants devront s’acquitter tout au long de leur vie.

Il existe, bien sûr, des gens qui ont la chance d’avoir une relation parent-enfant extraordinaire. J’en ai dans mon entourage. Des gens qui disent qu’ils ont hâte d’aller souper avec papa et maman, et c’est sincère. Ils ne le font pas parce que «me semble que t’es supposé faire ça de temps en temps», mais vraiment parce que ça leur dit.

Sauf que, depuis quelque temps, je croise de plus en plus de membres de l’autre gang, ceux qui sont en conflit flagrant avec la progéniture ou qui expriment un besoin de distance, voire de séparation totale avec ceux qui les ont mis au monde. Et je suis loin de parler d’enfants-rois qui font le «bacon» parce qu’ils n’ont pas eu ce qu’ils voulaient dans la vie.

La religion et les valeurs nous ont longtemps obligés à repayer cette dette biologique qui justifie notre présence sur Terre. Mais la conscience finit par faire son chemin et nous donne le droit de remettre en question la rançon de cette simple baise.

Les bons et les moins bons

Heureusement, pour bien du monde, les parents sont un tremplin vers des sommets à découvrir. Je me suis déjà fait dire que le but premier d’un parent est de donner les outils nécessaires à son enfant pour qu’il aille encore plus loin et plus haut que lui dans la vie.

Mais, trop souvent, j’ai vu des parents devenir des obstacles ou des fardeaux pour leurs enfants. Des parents qui font sentir leurs enfants coupables de leurs succès comme s’ils étaient un affront à leurs échecs. Des parents qui disent : «T’as fait du cash alors donne-moi-z’en. C’est moi qui t’ai mis au monde!»

J’ai vu des parents foutre le bordel dans le couple de fiston, incapables de passer par-dessus leurs propres échecs amoureux et de voir leur fils connaître le bonheur qu’ils ne se sont jamais permis. C’est comme une prise d’otage émotionnelle : «Si tu m’aimais vraiment, tu serais aussi malheureux que moi.»

J’ai vu des parents qui ont abandonné dans la vie, qui ont emprunté le chemin du laisser-aller en se disant : «C’est pas grave, t’es mon enfant, t’es obligé de t’occuper de moi.» Et le plus triste, ce sont ces parents méchants qui font le procès public de leur enfant à chaque occasion qu’ils ont.

Dilemme moral

Alors je vous pose la question: est-ce qu’on doit fidélité à nos parents, peu importe ce qui arrive, ou a-t-on le droit de protéger notre santé psychologique et tout ce qu’on a pu construire en se sauvant d’eux?

Quelle est la bonne réponse à ce dilemme moral?

Oui, tu m’as donné la vie, mais tu l’empoisonnes à chaque respiration que je prends.

Si ton bateau coule, tu peux bien décider de couler avec. Mais je ne suis pas obligé d’embarquer avec toi.