Page blanche

C’est quand même un grand privilège que Le Journal m’offre, depuis quatre ans, d’avoir la chance de vous partager ce qui me trotte dans la tête chaque semaine. Je me souviens encore de notre première rencontre où ils m’ont dit : « Tu as carte blanche, tu peux écrire sur tout ce qui te tente. »

énial… et un mauvais sort par moment, car des fois, avoir le luxe d’écrire sur ce que tu veux, ça fait que tu ne sais pas sur quoi écrire.

En d’autres mots, c’est une version sexy de dire que cette semaine, je souffre du syndrome de la page blanche.

Vacances

Après une grosse année, j’ai décidé de prendre un peu plus d’un mois de vacances, un mois loin de la job (ou presque…). Je me suis surtout promis de mettre mon cerveau à off le plus possible. Eh bien, ç’a de l’air de fonctionner, car je tape ces mots sans même savoir dans quelle direction mon texte s’en va.

Assez drôle comme feeling, car d’habitude, ce sont mes mains qui suivent les ordres de mon cerveau et là, je le surprends à simplement regarder mes mains aller sur le clavier comme un simple spectateur.

Depuis la fin juillet, je fuis l’actualité. Quand je lis le journal, je le lis à l’envers et je reste dans la section sportive. Rares sont les mauvaises nouvelles dans ces pages-là. J’ouvre à peine mon Facebook et, quand je le fais, je réalise que je ne manque pas grand-chose.

Évidemment, les fois où je suis allé déjeuner au restaurant, j’ai eu vent de ce qui se passait au Québec et un peu partout dans le monde. Ayant une opinion sur tout, j’ai failli embarquer dans certaines discussions, mais juste avant d’ouvrir la bouche, je pouvais clairement entendre mon cerveau me dire : « Non, non, non, j’ai mis la switch à off, tu t’en souviens ? » Quand même drôle comme feeling lorsqu’on se dit « ta gueule » à soi-même.

Ce qui est rassurant, c’est que même si moi je suis en vacances, la bêtise humaine travaille toujours, donc ça ne sera pas difficile de rembarquer dans la partie à mon retour de vacances.

À ma grande surprise, pour quelqu’un qui se pose beaucoup trop de questions dans la vie, c’est assez tranquille dans ma tête. Comme c’est assez évident que je n’ai pas réponse à tout, ça doit vouloir dire que j’ai réussi à atteindre un certain calme dans mon univers personnel… ou carrément que mon cerveau est en atrophie totale. J’accepte les deux options.

Vers l’Irlande

Bon, en même temps, je ne suis pas sur le point de vouloir devenir un ermite à temps plein, surtout que je suis incapable de me faire pousser une barbe. C’est sûr que si demain matin je commence à me parler tout seul, je commencerai à me poser des questions, mais pour l’instant, ça va. En fait, je pense que de se parler seul à voix haute n’est pas si problématique que ça, c’est lorsque tu commences à te répondre que la démence embarque.

C’est drôle, parce que ma chronique est presque terminée et je sens une certaine culpabilité de n’avoir rien dénoncé, rien exprimé, et pourtant, si vous être encore en train de me lire, c’est que cette page blanche vous fait du bien à vous aussi.

Demain, je pars pour l’Irlande, tout seul, comme un grand. Un cadeau de moi à moi. Peut-être qu’il va arriver quelque chose qui va m’inspirer, mais j’espère quand même que mon cerveau va me redire un petit « ta gueule »…