Animer un gala juste pour rire

Au moment où vous allez lire ces lignes, j’aurais animer un gala Juste Pour Rire pour la première fois de ma carrière mais au moment où je suis en train de les écrire, je n’ai aucune idée de ce qui m’attend.

Je suis présentement assis sur un fauteuil de la Place des Arts à regarder la répète. Ma co-animatrice Anais Favron, la grande professionnelle qu’elle est, joue à la mère avec les petits nouveau pour les rassurer que tout va bien aller.

C’est littéralement la jungle autour de moi. Pierre-François Legendre qui fait la mise en scène et qui est ici depuis 6:30, donne les directives de dernières minutes à des figurants qui font parti de notre numéro d’ouverture. Quel privilège que de travailler avec lui. Non seulement son talent est contagieux mais en plus, tu peux demander des conseils de couple à Carlos. En fait, je pense que je vais faire comme quand on était ti-cul et lu demander s’il veut être mon ami après le festival.

Les techniciens passent sans cesse sur la scène pour s’assurer que les changements de décor se déroule bien. Je vois des artistes nerveux qui font les cents pas, des vétérans comme Dominique Paquet qui fait rire tout le monde qu’il croise. Ce gars-là est vraiment une boule de joie sur deux pattes. Pierre Hébert avec tout son assurance, vient de terminer de répéter son numéro.

Assit parmi ces sièges vides de la Place des Arts et les multiples bruits de cette ruche humaine qui alimente la scène, je ne fais que compter les minutes avant le grand moment de vérité… le début du Gala.

Drôle de sentiment. Ça fait des mois qu’on travaille là-dessus. Stress, angoisse et fatigue sont ton cocktail quotidien. J’ai juste trp hâte que ça commence et je sais que je vais être triste quand ça va être terminer.

En fait, de prendre quelques minutes pour écrire me fait penser à tout le processus de création. Dans les premiers meeting, tu as le sourire niaiseux d’un gamin qui se lève le matin de noël. Si tu te fis aux rires autour de la table, tu te dis que toutes les idées qui sont avancées sont bonnes. Mais après des mois à retravailler les mêmes textes, tu commences à douter de tout.

Quelques semaines avant le festival, vient les premiers moments de vérités… le rodage. Tu montes sur scène dans les petits bars où il y a des soirées d’humour. Le premier soir, Anais et moi avions même nos textes dans les mains. À notre grand soulagement, c’est drôle. Il reste des choses à changer mais on tient quelque chose de pas pire. Reste juste à espérer que ceux qui vont être devant nous le soir du gala, soient du même avis.

On vient de m’annoncer que je dos être prêt pour répéter un de nos sketchs dans 10 minutes… juste assez de temps pour dire merci à Anais avec qui j’ai partagé cette merveilleuse aventure. Celle que je considère maintenant ma petite sœur à réussi à découvrir mon côté féminin qui était beaucoup plus présent que je pensais (rires).

Je vous le confesse, je suis quand même nerveux. D’ailleurs, j’ai décidé qu’après le gala, je me rendais chez mon chum Jack car là-bas, il n’y a ni Internet ni cellulaire qui rentrent. Je ne veux lire aucune critique, voir aucun commentaire sur les réseaux sociaux… non!

Si je me fie à notre tradition, Jack va me réveiller à 5 heure du matin pour qu’on aille pêcher et pendant que vous savourez votre premier café du matin, je présume que suis dans une chaloupe à revivre tout ces beaux moments dans ma tête. J’espère juste que sur mon visage, il y a un sourire niaiseux et le sentiment de fierté qui va avec…