C’est déjà fini…

Jeudi dernier, à Saint-Eustache, j’ai présenté le dernier show de ma tournée, après plus d’une centaine de représentations. Non, je ne suis pas en train d’annoncer ma retraite. Quoi que, pour mon prochain show, je pourrais faire comme les Rolling Stones et annoncer la première de plusieurs tournées d’adieu.

Je vous confesse que j’ai versé une larme. Sur la scène, en plus. Comme tout le monde est pas mal devenu un ninja du cellulaire, plusieurs ont capté ce moment magique où mon image de tough est disparue à tout jamais. En même temps, je pense que ça fait un petit bout que vous avez compris que je suis au faux tough.

Ils disent que les chiens qui jappent le plus sont souvent les petits chiens insécures. La comparaison peut être débattue mais, à ma défense, j’ai quand même une voix plus grave qu’un caniche.

Mais oui, c’est toujours triste la fin d’une tournée. Et celle-ci particulièrement. En général, après avoir fait le tour du Québec pendant 2-3 ans, c’est pas que t’as hâte que ça finisse… mais tu t’en plains pas non plus. T’es pas tanné de monter sur scène, ça on s’en lasse jamais, mais il y a toujours des petits bouts du show qui te tapent sur les nerfs. T’as beau les changer, un moment donné, comme dans une mauvaise relation, tu te rends compte qu’il est temps de passer à autre chose.

Pas celui-ci!
À ma grande surprise, après 1 an ½ d’écriture et de répétitions (j’haïs vraiment ça les @#$%&! de répétitions), 6 mois de rodage et 2 ans sur la route, j’avais encore ben du fun. On aurait pu continuer, mais c’est là que la stratégie de carrière embarque. T’as tel ou tel projet qui s’en vient, donc faut que tu te concentres là-dessus. Ensuite, tes producteurs et ton gérant te disent : «Si on arrête tel date, tu pourras revenir dans 2 ans à tel date, ce qui serait parfait.»

À ça s’ajoutent les rumeurs qu’un humoriste X sort son show à telle date et un humoriste Y à telle autre date, donc faut que tu essayes de choisir le bon moment. De mon côté, je préfère rester insouciant et juste me dépêcher à écrire un autre show pour retrouver mes fans, ma gang. Sauf que c’est pas pour rien que dans l’expression «show-business», le deuxième mot est plus long que le premier…

Mais une fois que tu oublie tout ça, une tournée, pour moi, c’est comme quand j’étais ti-cul, que je recevais mon horaire de hockey et que je regardais rapidement les villes contre lesquelles j’allais jouer. Et c’est pareil aujourd’hui. Y’a des villes que j’ai hâte de retrouver et des paysages que j’ai hâte de revoir.

Des souvenirs plein la tête
Chaque tournée est comme une tranche de vie remplie de souvenirs dont, heureusement, la grande majorité sont mémorables. De cette dernière, je vais me rappeler qu’en Gaspésie, la morue salée c’est excellent… mais pas à 8h le matin. Je vais aussi me souvenir d’avoir sauté dans l’eau glaciale de Tadoussac au mois de mai et d’entendre les pêcheurs du coin, qui ont tout vu, m’applaudir quand je sors.

J’en aurais encore pour plusieurs chroniques à vous raconteur tout ça. Le plus drôle, c’est que c’est la première fois où toutes mes anecdotes pourraient se raconter sans censure… Ouin, je m’en viens ben trop tranquille.

Je veux quand même prendre le temps de remercier tous ceux et celles qui sont venus me voir. Vous me faites réaliser le privilège que j’ai d’avoir eu des dizaines de milliers de personnes qui se sont dit: «Moi je vais voir Maxim Martin». Je l’ai déjà pris pour acquis, plus jamais.

Bon, je me dépêche d’écrire le prochain, je m’ennuie déjà de vous autres.