Chère femme

Avec toutes les discussions qui ont eu lieu sur la culture du viol dernièrement, je sens le besoin de m’excuser auprès de toutes les femmes autour de moi. M’excuser pour nos comportements à nous, les hommes, pour la façon dont on vous traite et la façon qu’on a de vous tenir pour acquis.

C’est très difficile d’être un homme par les temps qui courent, car même si je crois qu’on fait une belle job en matière d’évolution, qu’on s’efforce d’être plus sensible et d’exprimer nos sentiments, on traîne le boulet des Néandertaliens qui nous font reculer de plusieurs pas chaque fois qu’on en prend un dans la bonne direction.

Je cherche profondément dans les racoins de notre société pour voir où se cachent ces morons modernes, car dans mon entourage, ils ne sont pas présents. Peut-être sont-ils bien déguisés? Mais à part les plaintes classiques de nos blondes sur nos p’tits travers, je ne décèle pas ces misogynes qui ternissent pourtant notre image. En même temps, au nombre de méfaits exposés dernièrement, je me dis que peut-être que je regarde mal.

Notre histoire a déjà vu naître des sociétés matriarcales. La femme était le point de repère. Elle symbolisait la sagesse, la raison, les bons conseils. Malheureusement, quelques hommes de Cro-Ma-gnon insécures se sont sentis menacés et ont décidé de les faire taire. Ça s’est passé il y a des milliers d’années et la femme essaye fortement de reprendre sa place depuis.

Ce qui est triste, c’est que lorsqu’elles se retrouvent en position de pouvoir, les femmes se voient dans l’obligation d’agir comme des hommes pour garder leur place.

Les femmes de ma vie

Mon monde à moi est très féminin. Entre ma fille, sa mère, ma blonde, ma gérante, son assistante, mon attachée de presse, ma thérapeute et ma blonde de radio, Claudine Prévost, ça manque de boys, des fois. Je vous avoue que ce sont bien des émotions à gérer.

Disons les vraies choses, lors de petits conflits avec une femme, les explications et les excuses sont évidemment au rendez-vous. Une chicane de boys, ça se règle en deux phrases. Avec une femme, ça se règle après avoir fait le tour de tout.

Mais vous savez quoi? J’aime ça comme ça. Pendant que je m’explique, ça me fait comprendre plus de choses, ça me fait réfléchir et remettre en question ma façon de voir les choses.

À ce stade-ci, je peux avoir l’air du bon gars qui utilise les bons mots pour bien paraître. Si ça peut vous faire plaisir, je confesse que j’ai déjà été un trou-de-cul.

Dans ma période de party, j’ai déjà manqué de respect envers elles et prononcé des paroles indécentes. Bravo à celles qui m’ont remis à ma place vigoureusement. Mais jamais ai-je pris un «non!» pour un «peut-être».

Mon orgueil en mangeait un coup, la frustration montait en moi, mais j’ai toujours trouvé le moyen de passer par-dessus.

C’est quoi le trip ?

Alors va falloir que tu m’expliques, le grand, ce qui te fait triper dans cette prise de pouvoir. Explique-moi comment cette emprise sur une victime fragile te donne du plaisir? Agir de même te fait sentir mâle, peut-être?

Mais avoir une emprise sur une proie fragile, c’est la définition même du mot lâche… et c’est ce que tu es avant tout.

On a tous une mère, une sœur ou une fille. Penses-tu à elles pendant que tu soulages tes désirs d’être abominable?

T’es peut-être même le premier à dire: «Si quelqu’un touche à ma fille, y va en manger une!» Ben là, tu touches à la fille de quelqu’un d’autre… et c’est moi qui ai envie de t’en faire manger une *&?$?$@.