La barbarie

J’imagine que plusieurs d’entre vous ont entendu parler de cette histoire d’un homme de la région de Québec qui aurait demandé à son voisin de le débarrasser de son chien, tout simplement parce qu’il était «tanné» de l’avoir.

Le voisin l’a criblé de balles de plomb. Le pitou a perdu connaissance et a été enterré vivant. Il a toutefois trouvé la force de se déterrer et de parcourir 15 km jusqu’au prochain village. La vie, voulant récompenser son courage et sa force, l’a mis sur le chemin de Kathleen Marcotte, propriétaire du refuge l’Arche de Kathleen. Cette femme au grand cœur l’a vite amené chez le vétérinaire. Résilient, le chien, qu’elle a baptisé Mario, a vite retrouvé sa joie de vivre. Au moment d’écrire ces lignes, il était en attente d’une chirurgie pour se faire retirer les multiples balles de plomb logées dans son corps.

Je sais, à mesure que vous lisez ces lignes, la haine de ceux qui ont commis ce geste monte en vous. Je ne veux pas tourner le fer dans la plaie, mais je dois vous dire que des histoires comme celle-ci, il en arrive tous les jours.

Après avoir dénoncé cette situation sur ma page Facebook, des dizaines d’internautes des quatre coins du Québec m’ont fait part d’histoires semblables.

Envoyer un message clair

Pourquoi y en a-t-il autant? Entre autres parce que la Belle Province est en retard dans le dossier de la protection des animaux, en comparaison avec les autres provinces, et même avec la France. En fait, on vient tout juste d’adopter un projet de loi qui redéfinit l’animal en tant qu’être «doué de sensibilité», bien après l’Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique, qui l’ont déjà fait.

Cela dit, passer des lois, c’est une chose. Mais les appliquer en est une autre. Pour leur crime contre Mario, les deux bourreaux pourraient écoper d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans ou d’une amende pouvant aller jusqu’à 10 000 $. De quelle sentence pensez-vous qu’ils vont écoper? Notre système de justice pourrait se servir de ce crime odieux pour envoyer un message clair et dire à tous les Québécois qu’un animal est un être vivant et non un simple objet dont on peut se débarrasser quand bon nous semble. Mais j’ai bien peur que personne n’ose mettre ses culottes.

Depuis que cette histoire est sortie, certains résidents du coin ont une bonne idée de l’identité des coupables. Pas besoin de vous dire que les réseaux sociaux se sont enflammés. J’ai lu toutes sortes de commentaires sur le sort qu’on leur souhaite et toutes les menaces qui vont avec.

Arrêtez de faire ça. Vous êtes en train de faire d’eux des victimes. Vous détournez l’attention sur eux, alors que c’est Mario, la vraie victime. Si vous voulez faire avancer les choses, apportez-lui votre soutien. C’est ainsi qu’on pourra vraiment passer le message haut et fort qu’il est grand temps de punir les barbares modernes.

Une responsabilité

Cette histoire m’a ébranlé et une question me hante depuis plusieurs jours: qu’est-ce qui pousse quelqu’un à poser ce genre de geste? Comment peux-tu être aussi indifférent à la vie d’un être vivant? Clairement, il y a quelque chose de mort en dedans de toi.

En attendant que ces gens se décident à se soigner, c’est notre responsabilité, en tant que société, de les punir avec la sentence qu’ils méritent pour ce geste gratuit.

Pour vous remettre de vos émotions, allez sur ma page Facebook. Vous verrez que je suis allé rencontrer Mario le combattant et j’ai tout immortalisé dans une vidéo. Vous pourrez apprécier la puissance extraordinaire d’un être qui a été plus fort que ses tortionnaires et qui rayonne. Son message est plus important que celui de bien des gens!