Purification gratuite

Dans ma chronique de la semaine dernière, je vous parlais de mon premier triathlon. Loin de moi l’idée de vous casser les oreilles avec mes exploits, j’ai déjà passé la semaine à agacer mes proches avec ça. Mais j’aimerais partager avec vous quelques leçons de vie que j’ai apprises durant la compétition.

De un, c’est officiel, un casque de bain, ça ne fait bien à personne. Ensuite, lors de l’épreuve de la natation, au moment où tu ne vois plus le fond du lac et que c’est sombre, ça aide à nager plus vite d’imaginer que le monstre du lac va t’attraper les pieds.

Rendu au vélo, ce fut un grand plaisir de constater qu’une chaîne de bicycle qui débarque, ça fait autant ch#$%! aujour-d’hui que lorsque j’étais ti-cul. Et pour compléter, s’enfarger pour aucune raison et surtout sur aucun obstacle, au 3e km de la course, ça ne fait pas si mal que ça, mais mon orgueil m’en parle encore.

Moment magique

Mais ce que je n’oublierai jamais, ce sont ces gens extraordinaires que j’ai croisés de proche et de loin. Le fait de franchir le fil d’arrivée exactement en même temps que mon chum Dominic Arpin fut assez magique. Comme plusieurs d’entre vous le savent, Dominic a gagné sa bataille contre le cancer il y a quelques années et nombreux sont ceux qui se servent de lui comme modèle d’inspiration, avec raison.

Malgré notre bon chrono de 1:54:04, nos blondes nous ont fait remarquer qu’une femme dans la quarantaine avec un surplus de poids qui oscillait dans les 200 lb (pas tout de muscles) avait réussi à battre notre marque. Cela me pousse à dire bravo à ceux qui font fi des gens qui les jugent, les regardent de travers ou passent des commentaires, et réussissent à leur fermer la boîte avec de tels exploits.

Le paysage était coloré et animé par tous ces humains de formes et d’âges différents qui participaient à l’événement. Bien des gens qui s’apitoient sur leur sort ou qui sont des experts à s’inventer des excuses pour rester sur le sofa se seraient retrouvés bouche bée s’ils nous avaient vus.

Alors que j’étais en direction de la plage pour l’épreuve de natation, j’ai vu un homme qui ne passait pas inaperçu. Je ne sais pas combien il y avait de «X» avant le «L» sur l’étiquette de grandeur de sa combinaison.

Plusieurs ont dû se poser la même question lorsqu’il nous a dépassés en vélo.

Des gens déterminés

Mais la palme revient à une jeune femme, début vingtaine, qui est venue me parler. Avec le plus beau sourire imaginable et toute l’excitation du monde, elle m’a dit:

«C’est à force de vous entendre parler, Dominic et toi, de votre triathlon que mon chum et moi avons décidé de nous inscrire. Même si j’ai juste un bras, je m’en fous, je veux juste le finir.»

Comme de fait, c’est là que j’ai remarqué qu’elle avait une prothèse sur son bras, amputé en haut du coude. Et là, ce fut plus fort que moi, je lui ai répondu:

«Bon, ça y est, déjà des excuses pour ne pas avoir un bon temps!»

Elle est partie à rire instantanément. Parle-moi de ça, quelqu’un qui est fort entre les deux oreilles et qui ne s’apitoie pas sur son sort!

D’ailleurs, vous voulez savoir pourquoi je participe à ces événements-là? Exactement pour ça. J’adore me baigner dans cette piscine de gens qui dégagent de la détermination, de l’équilibre mental, de la joie de vivre et une belle aura en général. C’est une des meilleures recharges mentales à laquelle tu peux te brancher.

Alors on vous attend, la prochaine fois. Sinon, bon sofa… je suis sûr qu’il y a quelque chose de bon à la télé.